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11/07/12 
Aujourd’hui, le groupe de théâtre de mouvements peut filer d’un bout à l’autre sa performance. Pour évoquer la problématique de « la communication sans frontières », les participants dressent un panorama de l’évolution de l’Humanité, de son apparition à la vie civilisée, en passant par des épisodes bibliques. Ainsi la tour de Babel –formée à partir de mallettes cartonnées- ou l’épisode d’Adam et Ève, mettent en scène les relations conflictuelles ou ludiques qui ont pu exister entre les Hommes.
Malgré un rythme de travail très intensif en vue de la prochaine représentation, les différents ateliers continuent. Celui de pilates notamment  rencontre un gros succès auprès de l’ensemble des jeunes, qu’ils soient novices en la matière ou plus entraînés. La participante danoise qui  propose l’activité les met parfois à rude épreuve ! Mais une véritable progression dans l’effort s’observe jour après jour.
Ce soir à vingt-et une heure : filage technique pour tous ! Les performances se succèdent, se confrontant pour la première fois à une mise en espace sur la Place du Monument.
10/07/12
Ce matin, certains des membres du projet MARE NOSTRUM vont poser des affiches dans Riom-ès-Montagnes. Celles-ci sont conçues par trois participantes encadrées par Hubert, apprenti graphiste. Ils ont tenté d’y représenter les différentes problématiques du projet : le multiculturalisme par les caractères d’alphabets différents ; la promenade dans le labyrinthe ; la mer entre Afrique du Nord et Europe… À propos de ce travail, Violina remarque : « Même si nous étudions dans des universités et des pays différents, on étudie la même chose, donc ça a été possible de conceptualiser les thématiques ensemble ! On voulait que le mot « Mare Nostrum » soit comme un espace de connexion et que le bleu soit comme la mer qui nous unit tous. »
Les deux affiches réalisées par des participantes slovaques et bulgare

L’après-midi, les trois-quarts des jeunes sont allés prêter main forte sur la Place du monument si bien qu’au dîner, la totalité des participants étaient courbaturés ! Certains pour avoir enchaîné danse classique, pilates et salsa ; d’autres pour avoir scié, planté et peint…
09/07/12
La totalité des jeunes ont été conviés à participer à la « marche militaire ». Un bel échange se met en place entre novices, débutants et danseurs plus expérimentés. La vingtaine de jeunes marche en rythme, genoux levés, crie et forme finalement une pyramide, alors que la musique « hip-hop » se termine. Ils laissent ensuite la place au groupe de théâtre de mouvements, qui improvisent par groupes de deux ou trois, de très courtes chorégraphies. Le sujet de cette performance est la progression de la danse classique à la danse contemporaine : des gestuelles très différentes évoluent dans la même pièce.

C’est l’heure de l’atelier de danse classique, proposé par Caroline Lemière. Les participants qui s’étaient improvisés chorégraphes –parfois avec beaucoup d’énergie et de conviction !- se plient maintenant sagement aux exercices.
« Bravo ! Vous êtes très concentrés, mais attention ce n’est pas la peine de le montrer sur vos visages…No stress ! » recommande Caroline. Pour les faire parvenir à une plus grande liberté et indépendance de mouvements, elle leur demande de quitter la barre. Ils doivent reprendre l’exercice de jambes imposé, mais plutôt que d’être statiques en haut, faire des mouvements improvisés avec leurs bras.

Avancée du projet d’installation de la place du Monument
La veille, le groupe chargé de l’installation du parc a présenté son travail de conception à l’ensemble des participants. L’enthousiasme a été général ! Dès neuf heure, cinq d’entre eux vont dans la forêt de Creyssac et au creux d’un vallon collectent plusieurs centaines de tiges de noisetiers. Pendant ce temps, une autre équipe trace sur le terrain les empreintes de la future construction. L’après-midi, avec l’aide des services techniques de la ville, les jeunes chargent les barres de noisetiers : un travail laborieux dans un chemin chaotique ! Pour finir, ils déposent tous les éléments matériaux du projet dans le parc.
 

Marc Féraud, jardinier-paysagiste, invité à MARE NOSTRUM

Il conseille les participants : les aide à résoudre des soucis d’ordre pratique, mais aussi à mieux problématiser dans l’espace leur projet.

08/07/12

Aujourd’hui, les participants ont travaillé sur leurs futures performances.
Ils préparent « la chorégraphie des militaires » par une danse rythmée et des mouvements saccadés à l’unisson. Dans un second temps, un groupe plus nombreux travaille sur le thème des statues vivantes. Après une marche où chacun avance dans sa propre direction, les performeurs forment deux files face à face et commencent un jeu de mime. Leur gestuelle d’abord très individualisée se transforme, et leurs mouvements s’harmonisent.

Pendant ce temps, d’autres jeunes travaillent sur une performance théâtrale. Ils ont choisi de traiter de la difficulté d’obtenir un Visa, un sujet malheureusement d’actualité ! Quoique le groupe des égyptiens et des tunisiens ressentent plus concrètement la réalité de ce problème, ils ne veulent pas se limiter à une frontière nord / sud et choisissent une mise en scène intemporelle. Les acteurs de ce projet imaginent une scène au Consulat entre demandeurs de Visa et des agents administratifs. Une ronde infernale commence : ils doivent tour à tour collecter des dizaines de papiers, les remplir et les soumettre aux agents. Les feuilles volent sur la musique accélérée d’une guitare.

07/07/12

La mise en œuvre d’un projet passe par la discussion, des ateliers, mais il faut avant tout apprendre à travailler ensemble. C’est pourquoi des participantes bulgares, s’inspirant de leur formation théâtrale ont proposé à tous des jeux de concentration et d’improvisation.

L’après-midi a lieu une réunion autour des installations de la Place. Il faut maintenant qu’un groupe travaille spécifiquement sur le plan et la maquette, et un autre sur les constructions matérielles : piquets, filets, tissus doivent être collectés puis assemblés.
Les participants envisagent de mettre en place un parcours ouvert avec plusieurs entrées et sorties, en utilisant des piquets et des bancs. À l’intérieur de cette structure se situerait le labyrinthe avec une seule entrée et sortie. Le public en y entrant, serait surpris par des pantins, des statues vivantes, et des mimes. Cet espace serait filmé par une caméra placée en hauteur, et projetée sur un écran qui attirerait la curiosité des autres visiteurs. Le groupe a tenté par cette installation de représenter visuellement les problématiques d’enfermement, de rencontre et de création que les participants avaient préalablement soulevées.

06/07/12

La veille, les encadrants et les représentants de chaque groupe se sont réunis pour échanger,  afin d’accélérer la concrétisation du projet. Il  a été décidé de former de petits groupes de création mélangeant les savoir-faire et les nationalités.

Ce matin, les participants se sont donc répartis en cinq groupes pour discuter des idées concernant l’occupation de la place du Monument. L’élaboration de constructions et de performances prennent forme autour de différentes thématiques.

Une première étape de discussion par groupe commence : quelle thématique aborder, et comment ?

C’est une première étape de création qui s’amorce : après avoir débattu entre eux, chaque groupe expose aux autres leurs idées.

 

Le groupe 1 décide de travailler autour du thème « Briser les frontières ». Ils imaginent de commencer leur performance par l’introduction d’une danse militaire dans l’espace du labyrinthe. Les participants suivant leur nationalité seront couverts d’étiquettes, illustrant notre manière d’appréhender l’autre selon des représentations souvent discriminantes. Des enfants interviendront alors, et n’étant pas encore corrompus par cette vision , ils retireront les étiquettes du corps des participants. Enfin, des performances individuelles de danse et de théâtre suivront, accompagnées par la chorégraphie des militaires, irrémédiablement présents. Le groupe des participants désire représenter par cette performance l’existence de frontières et la manière de les surmonter.

Pour trouver leur thématique, le groupe 2  choisit d’écrire d’abord individuellement des mots que leur inspirent cette rencontre, puis de les traduire dans chacune de leur langue. À partir de cette liste, ils dégagent des concepts et des mots clés. Les termes d’unité, de pont, de guerre et de liberté amènent le thème du « Métissage d’une communauté ».

Concrètement, le groupe désire utiliser les bâtiments autour de la Place et construire eux-mêmes des installations afin de montrer la différence de  « signes visuels » des différentes cultures. En utilisant le travail fourni par les ateliers de danse orientale et de hip-hop, des performances dansées pourront s’intégrer à cette mise en scène.

Le groupe 3 aborde le thème de la « Communication sans frontières ». Il s’agit pour eux de montrer leurs différences et leur volonté d’être et de construire ensemble. La construction labyrinthique est envisagée comme le symbole de l’espace partagé : le public est convié à s’y introduire et à y découvrir différentes facettes. Cet espace est un lieu d’échange, mais il est difficile à traverser. Pour faire prendre conscience au public des dynamiques de cet espace, les participants désirent placer une caméra en hauteur et  projeter en temps réel la déambulation dans le labyrinthe. Comme le premier groupe, ils invitent les enfants à participer en faisant abstraction des barrières que ceux-ci  ne peuvent concevoir.

Les différences de culture sont symbolisées par le Body Painting : signes et alphabets sont tracés sur le corps des participants. La barrière de la langue est métaphoriquement surpassée par une exposition de photos : des visages, quoique différents, expriment des émotions de manière similaire.

Concernant le thème de « S’accepter les uns les autres », le groupe 4 réfléchit aux moyens de créer des connections dans un groupe : par le corps, ou par l’Art. Un des participants égyptien propose un débat sur les raisons du peu de compréhension entre l’Europe et l’Afrique, d’ordre religieux et politique principalement. Le groupe envisage de mettre en place une série d’improvisations sur la scène principale de la Place, un moyen d’écouter l’autre et d’interagir spontanément. Le thème de l’amour impossible, à la « Roméo et Juliette » est une piste pour monter une histoire au sein de cette performance.

Le groupe 5 travaille autour de « La peur du changement », et veut également insérer leur performance dans le labyrinthe. Disposés en cercle, ils répètent sans arrêt le même mouvement, sans se voir, tandis que l’un d’eux au centre joue de la guitare. Soudain, il s’arrête, donnant le signal à un changement au sein du groupe. Commence alors une sorte de « téléphone arabe » où les participants s’imitent les uns les autres, mélangeant mouvements et expressions vocales.

La richesse de toutes ces propositions enthousiasme les jeunes et les encadrants : il s’agit maintenant d’harmoniser toutes ces performances par la mise en espace et l’aménagement de la Place.

L’après-midi ont lieu des ateliers d’initiation théâtrale mené par un des participant égyptien et de Pilates par une participante danoise.

05/07/12

Différents ateliers ont été mis en place pour faciliter les rencontres et initier un processus de création : hip-hop, salsa, pilates, discussions…

S’en suit une réunion de discussion sous le regard de Marc Féraud. Il est le concepteur et le maître d’œuvre du jardin public d’inspiration romaine HORTUS à Arles ; expert international des Olympiades du métier Jardinier-Paysagiste, il se montre soucieux de transmettre son expérience aux jeunes. Lors de la discussion, il insiste sur l’importance de se confronter au terrain réel avec les obstacles, les contraintes et les atouts qu’il comprend. Marc Féraud espère que la visualisation de l’espace mènera à la concrétisation des idées des participants qui devront alors émettre des listes de fournitures, des dessins voire des maquettes.

Nous nous rendons donc sur la Place du Monument que les participants devront investir lors de la fête de la Gentiane, samedi et dimanche prochains. Nous prenons connaissance de l’espace qui nous est dédié, en accord avec les intervenants locaux. Devant la floraison d’arbres de la place, il vient à l’idée de certains d’en faire un usage symbolique . D’autres envisagent de séparer l’espace en une frontière représentant la mer, « MARE NOSTRUM » qui sépare les européens des méditerranéens. En traversant cet espace, les participants pourraient alors ensuite se mêler en des performances artistiques. Cette proposition suscite cependant un débat : la rencontre ayant pour objectif de mêler les personnes de toutes origines, il apparaît à quelques jeunes paradoxal de recréer des frontières dans cet espace mis à leur disposition ! Émerge alors l’idée d’un labyrinthe, élaboré au moyen de panneaux opaques ou transparents, où les artistes s’entrecroiseraient, se cachant ou se rencontrant. Marc Féraud suggère de créer plusieurs épouvantails effrayants ou rieurs, et de les insérer à l’installation.

Les encadrants sont confrontés à la difficulté de ne pas manipuler par un regard artistique les participants. Une charge délicate !  Ils désirent offrir un cadre et donner la possibilité aux jeunes de se former, d’échanger, mais sans être dans la direction : une « éducation non-formelle », en dehors du cadre scolaire.

Atelier de Salsa, encadré par un des participants mexicain

MARE NOSTRUM 2011-2012

Dans le cadre de la Rencontre de jeunes européens et méditerranéens, cinquante  jeunes et accompagnateurs  venus de pays d’Europe et d’Afrique du nord viennent rejoindre le groupe d’encadrants locaux du 03 au 15 juillet 2012 à Riom-ès-Montagnes puis du 15 au 23 juillet à Chalinargue . Sur la base du volontariat et de l’initiative personnelle, cette rencontre a pour objectif de construire un espace commun, travaillé et aménagé ensemble. À l’occasion de la fête de la Gentiane  le 14 et 15 juillet 2012, la place centrale du Monument et la Grande Place  seront investies, décorées et revalorisées grâce aux compétences diverses des participants. Ont en effet été sollicités des jeunes intéressés par l’architecture, la photographie mais aussi la danse, le théâtre ou le graphisme, afin de mener ce projet inter-disciplinaire.

« Mare nostrum », expression latine signifiant « notre mer » date de l’époque romaine où Europe et Afrique du Nord n’étaient pas différenciés mais formaient un espace commun autour de la Méditerranée. La mer n’était pas une frontière, mais un lieu d’échange. C’est là un des objectifs primordiaux de la rencontre : partir de la diversité de chacun pour parvenir à   une création  artistique collective.

Le blog, « carnet de bord » du projet a pour vocation de raconter au jour le jour la progression de cette initiative, avec les enjeux artistiques mais aussi humains qu’elle comporte.

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