Patrimoine européen

Le théâtre militaire de Plovdiv

 

Sotir Doctorov, colonel à la retraite de l’armée bulgare nous a invité Bertrand Festras, Ana Kozelka, Vesela Geleva et moi dans ses bureaux pour nous raconter l’histoire du Théâtre militaire de Plovdiv.

Dans cette petite pièce au dernier étage, il passe ses journées. Il ne reste plus grand chose à faire dans le théâtre pour occuper ses journées. Cette ancienne maison des arts, luxueuse et accueillante n’est plus que l’ombre d’elle-même. Des 40 employés il n’en reste que deux. Avec le coeur rempli de souvenirs de regret et parfois d’une grain d’espoir, ils viennent tous les deux travailler tous les jours dans ce théâtre élimé.

Avec l’aide de Vesela Geleva, nous avons exploré la ville pour trouver le meilleur lieu pour notre spectacle, K. et la piste du château et nous avons trouvé dans ce théâtre un parfait lieu kafkaien, un théâtre méritant d’être sauvé. Ce lieu est une victime des bouleversements politiques de la fin du XXème siècle, il a sans doute besoin d’être de nouveau au centre de la vie culturelle de la ville pour revivre. Aujourd’hui, il n’accueille que quelques concerts et des répétitions.

Construit entre 1903 et 1908 à la limite de la ville d’alors, l’armée décide de créer un club d’officier à l’image des clubs de toutes les grandes capitales européennes. Tous les arts y étaient représentés et enseignés. Tout le monde y était accueilli pour des concerts, des expositions et des cours. Mais, en avril 1928, la ville de Plovdiv est frappé par un tremblement de terre qui détruit en partie le théâtre. Après la lourde reconstruction, le théâtre reprend ses activités. Durant la Seconde Guerre mondiale, le théâtre reste un lieu de culture et Sotir Doctorov se rappelle de la réaction des militaires bulgares dont il faisait partie après la défaite française en 1940.

Pendant l’ère soviétique, le théâtre sert également de lieu de conférences et de cours d’idéologie communiste, sans pour autant renier son objectif culturel. Il y avait également à une certaine époque, un restaurant, un café, un hôtel, un bibliothèque avec plus de 100 000 ouvrages et même un cinéma. Le cinéclub tenait une part de plus en plus grande au théâtre et était comme les autres activités ouvert à tous.

Après la chute de l’empire soviétqiue, l’état a arrêté de soutenir le théâtre qui n’a pas supporté cette hémorragie financière.

Sotir n’est pas en colère, il est triste d’avoir du être témoin de la décrépitude de ce théâtre, qu’il avait vu quelques décennies plus tôt à son apogée. Le théâtre est un véritable symbole de la transformation de la société, des difficultés, même de l’impossibilité à se réorganiser après la perte des repères paternalistes soviétiques.

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